The Wrestler : plus vrai que nature

Le fan de catch que je suis ne pouvait pas passer à côté de The Wrestler. Je suis donc allé le voir aujourd’hui. A noter que, selon AlloCiné, le film n’est projeté que dans 109 salles, ce qui est vraiment peu. Je ne vais pas me lancer dans une véritable critique, j’ai simplement envie de m’arrêter sur quelques points :

-Mickey Rourke joue son rôle à la perfection. Aussi bien le look, que la façon de se déplacer et de râler à cause de la douleur quasi-permanente, tout fait penser à un véritable catcheur. Pour le coup, j’espère que le match à Wrestlemania se fera. Et je ne serais pas contre de pouvoir l’incarner dans un jeu vidéo (voilà une idée de DLC intéressante).

-J’ai vu le film en VOSTFR et malheureusement les sous-titres laissent à désirer. Cela ne m’a pas dérangé parce que je comprends l’Anglais mais j’ai trouvé ça dommage pour les spectateurs qui ne comprennent pas forcément tout. Il y a beaucoup d’expressions « catchistiques » qui sont mal traduites qui auraient pourtant permis de mieux comprendre le fonctionnement de ce milieu si particulier.

-Le parallèle entre la carrière de Randy Robinson et celle de Cassidy la strip-teaseuse est vraiment intéressante, aussi bien au niveau de l’utilisation d’un pseudonyme que de leur évolution professionnelle. Le temps passe et tous les deux ne sont plus aussi désirables dans leurs métiers respectifs. Et pour les deux, c’est très difficile à encaisser.

-Il est évident qu’un vrai travail de recherche a été fait au sujet des vieilles gloires du catch qui n’ont pas réussi à se reconvertir. La minable « convention » des vieilles gloires du catch où « The Ram » se rend pour vendre les restes de ses produits dérivés, signer des autographes et prendre des photos Polaroïds avec des fans pour quelques dollars est criante de réalisme. C’est d’ailleurs une de mes scènes préférées du film. Vraiment poignant (en tout cas pour quelqu’un qui est sensible au sujet).

-Randy ne quitte jamais vraiment son personnage. Lorsque son patron (hors catch) lui donne un badge à porter avec son vrai prénom inscrit dessus, cela le dérange. J’ai beaucoup aimé la scène où il se déplace du vestiaire du supermarché pour se rendre jusqu’au stand boucherie où il travaille. La caméra est placée d’une façon à faire penser à un catcheur qui se prépare à faire son entrée. Ce sentiment est accentué par les bruits de la foule qui ont été ajoutés à cette séquence. On voit bien que Randy est prêt à assurer le spectacle, peu importe les circonstances. Cela se confirme plus tard avec les clients du magasin.

-La scène où il cherche un cadeau pour sa fille symbolise bien la conception du style que pouvaient avoir les catcheurs à la fin des années 80. D’ailleurs, si vous appréciez le Hard Rock des années 80-90, la bande-son de The Wrestler devrait vous plaire. Plein de petits détails montrent que Randy est plus ou moins coincé dans cette époque. Ses connaissances en matière de jeux vidéo s’arrêtent par exemple à la NES.

-En ce qui concerne le déroulement des combats, je trouve dommage que la communication entre les catcheurs n’ait pas été plus montrée. Se donner quelques infos dans les vestiaires avant le match ne suffit pas. L’arbitre relaye des informations des vestiaires et les deux catcheurs passent leur temps à se parler (pour préparer des enchaînements, s’assurer que tout va bien, etc…).

-Pour la petite histoire, le dealer de stéroïdes à qui Randy achète toute une pharmacie dans le film vient de se faire arrêter dans la réalité. Son délit ? Vente de stéroïdes… Quand je vous dis « plus vrai que nature », je ne plaisante pas (je tiens quand même à préciser que tous les catcheurs ne se droguent pas).

Pour terminer, je dirai que j’ai vraiment beaucoup apprécié The Wrestler. J’attends avec impatience sa sortie en Blu-Ray pour voir d’éventuels « making-of » et autres bonus. En tout cas j’espère que Mickey Rourke aura l’Oscar. Il est amplement mérité. Si vous avez des questions à propos du film ou du catch en général, n’hésitez pas à me les poser. Je pense que beaucoup de gens vont avoir besoin de clarifications au sujet de certaines choses que l’on voit dans le film.

Et si vous voulez en savoir plus sur l’univers impitoyable du catch (américain), je vous conseille vivement de regarder Beyond the Mat, un documentaire de 1999 de Barry W. Blaustein. Je suis intimement convaincu que Darren Aronofsky a vu ce documentaire et qu’il s’en est inspiré pour faire son film.

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Romain

Journaliste, et créateur de JV247.com. Retrouvez moi sur Twitter : @RomainJV247